Didier Awadi

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Didier AwadiDidier Awadi est sans conteste la figure la plus visible du rap africain francophone. Lauréat du prix RFI Musiques du Monde en 2003, il a derrière lui un parcours sans faute  de pionnier et de défricheur d’un genre musical qui est devenu, ces dernières années, le genre majeur pour la jeunesse d’Afrique et celle du monde. Avec son groupe, Positive Black Soul, il a réalisé plusieurs albums à la qualité artistique sans faille, ouverts sur l’Europe et les Etats-Unis. A la fois artiste et entrepreneur (il est producteur artistique, animateur radio et télé, patron d’un studio et d’un label, ainsi que de sociétés de sonorisation et de

sécurité …), Didier Awadi est le meilleur exemple imaginable de cette génération qui crée, entreprend et utilise à bon escient les possibilités technologiques du monde moderne aussi bien que les acquis culturels immémoriaux du continent père. Tout cela, il le met au service d’une musique toujours consciente, une musique de racines et de messages, à travers laquelle il s’adresse au monde, parce qu’il a des choses à lui dire.

 

Didier Awadi est né à Dakar en 1969, dans une famille d’instituteurs, d’un père béninois et d’une mère sénégalaise. Touché dés l’adolescence par le virus du hip hop, il devient DJ et rappeur vers le milieu des années 80, et commence à se faire un nom au sein de la balbutiante scène locale avec son premier groupe, le Didier Awadi’s Sindycate. Au même moment, un groupe concurrent, les Kings MC, menés par Amadou Barry, alias Doug E Tee, se posent en challengers. Awadi est issu du quartier « Amitié 2 », Doug E Tee du « Liberté 6 », et à l’instar des rappeurs de New York ou de Paris, c’est une mission vitale, l’essence même du rap, que de « représenter » son quartier d’origine. La rivalité entre les deux leaders et les deux groupes aboutis à une union, en 1989, quand Awadi, soucieux d’enterrer la « hache de guerre », invite Doug E Tee à sa soirée d’anniversaire.

Les deux rappeurs charismatiques de la scène dakaroise se découvrent une vibration commune, basée sur un profond respect pour les racines de leur culture et pour son histoire. Fascinés par le rap américain, ils veulent se donner les moyens de produire une musique d’une qualité équivalente en y infusant des éléments de leur culture africaine. Sur cette musique, ils veulent poser des messages forts, exprimer un rap militant, ancré dans leur propre réalité de jeunes Africains ouverts sur le monde et décomplexés par rapport à l’Occident.

Dans les années qui suivent, Positive Black Soul imprime sa marque sur le rap international en tournant à travers l’Afrique et le monde ; ils chantent aussi bien à New York qu’a Johannesburg ou Paris. C’est au Midem de Cannes, en 1997, qu’ils rencontrent leur producteur, Van Gibbs, le père de Salam Remi, lui-même producteur des fameux Fugees. Les deux Américains mettent leur savoir-faire et leur studio new-yorkais à la disposition de PBS, qui  enregistre l’album Run Cool, avec le renfort des Jamaïcains Red Rat et Ky Mani Marley (un fils de Bob) ou de la chanteuse franco – camerounaise Princesse EriK. Run Cool est distribué par la major WEA.

En 2003 sort, sur le label indépendant Night & Day, un album jusque-là disponible uniquement en cassette sur le marché sénégalais. New York – Paris – Dakar est en fait leur deuxième album, bloqué plusieurs années par Island pour des raisons contractuelles. Ils y ont invité K-mel, le rappeur d’alliance Ethnik, Manu Key de la Mafia K’1 Fry, et le « pape » du Hip Hop, le New Yorkais KRS One.

Après d’innombrables concerts et tournées tout autour de la planète, Didier Awadi et Doug E Tee décident de mettre une parenthèse temporaire à Positive Black Soul, le temps de se livrer à des exercices personnels. Pour Didier Awadi, c’est un premier album solo, Parole d’honneur, qui sort en 2001 au Sénégal uniquement, qui se révèle une réussite artistique parfaite, où le rappeur montre son panafricanisme réfléchi, abordant une multitude de thèmes cruciaux comme la dette, le patrimoine dilapidé, ou les tensions politiques.Didier Awadi

En fin 2004, AWADI est programmé avec son groupe pour prendre part au WOMEX en Allemagne.

Quelques mois après est prévue la sortie internationale de son nouvel album solo. Cet album, signé en édition chez Sony Publishing, portera le nom de  Un Autre Monde Est Possible car seul ou en groupe, Didier Awadi a encore des messages à adresser à la jeunesse qui l’écoute.

Une production d’une haute maturité où AWADI s’ouvre, une fois de plus, aux multiples sonorités musicales du Monde et le tout enroulé dans des textes intelligents pour un éveil massif des consciences afin que Tous ensemble nous soyons sûrs qu’UN AUTRE MONDE EST POSSIBLE.

En Septembre 2006, Awadi sort au Sénégal un album intitulé « Sunugaal ». Un coup de gueule face à l’exode massif des jeunes du continent vers les côtes espagnoles dans des embarcations de fortune. Ils sont nombreux à embarquer dans des pirogues de fortune « Cayucos » et à mourir en mer. A qui la faute ?

Les dirigeants qui promettent le bonheur et qui nous servent la misère. A notre manque de foi en nos propres capacités de développement. Il faut réagir tout de suite et ne plus attendre que les solutions viennent du nord. Au-delà du drame c’est les questions du racisme, de négrophobie qui sont ici posées. Est-ce parce que nous sommes noirs « appauvris » et désœuvrés que nous n’avons pas droits aux Visas ? Nous les champions de l’accueil …

En 2007 Awadi refait surface avec une campagne contre les accords de partenariat économique que l’europe voudrait imposer à l’Afrique, les A.P.E

Accepter de signer les A.P.E qui stipulent des accords de libre échange, de libre concurrence avec les puissances et les multinationales européennes, c’est accepter que le paysan africain soit concurrencé par l’européen qui lui, est subventionné ce que l’on refuse à l’africain. C’est accepter de tuer le pêcheur, le paysan, le businessman africain, accepter de signer notre propre décret de mort. L’Afrique consciente plusieurs fois violée oppose son niet.

En 2008 Awadi sort chez Mister Bongo, label indépendant britannique, l’album sunugaal une réédition avec de nouveaux titres tels que: «on ne signe pas » et « kaa konko kélé » l’hymne contre la faim face à la grave crise mondiale qui touche encore plus nos pays en voie de développement.

La flambée des prix et la crise pétrolière emmène au mois de juin 2008 Awadi à faire un autre titre intitulé « wooy » cri de détresse des pauvres du monde face aux spéculateurs et aux mauvais gestionnaires de la crise.

En 2010 Awadi présente « Présidents d’Afrique », un projet artistique, pluridisciplinaire et multimédia sur lequel l’artiste travaille depuis plus de 5 ans. Dans ce projet qui célèbre les 50 ans de souveraineté, l’artiste revisite l’histoire de l’Afrique, des indépendances à nos jours en s’appuyant sur les grands discours des pères fondateurs de la conscience noire tels que Nelson MANDELA, Martin Luther KING, Kwame NKRUMAH, Thomas SANKARA, Patrice LUMUMBA, Cheikh Anta DIOP, Aimé CESAIRE, Frantz FANON...

Ce projet regroupe beaucoup d’artistes conscients de l’Afrique et de sa diaspora tels que Babani KONE et les Tatapound du Mali, Maji Maji du Kenya, Tiwoni et Lady Sweetie des Antilles, Smockey du Burkina, DEAD PREZ des USA, Skwatta Kamp d’Afrique du Sud, Lexxus de la RDC etc… pour ne citer que ceux là ….

L’idée est de retrouver dans une chanson un discours audio d’un leader commenté par un groupe d’artistes ; exemple : discours d’investiture de Mandela commenté par Skwatta Kamp et Didier Awadi, I have a Dream de Martin Luther KING avec la voix de Awadi…

Ce projet, pour la renaissance africaine, est un hommage aux pères fondateurs 50 ans après les indépendances.

Il se veut un outil ludique, historique et pédagogique qui permettra à la jeunesse de se réapproprier son histoire, de se reconstruire une fierté, en un mot de restaurer son âme, il permet enfin « aux lions de donner leur version sur les histoires de chasse » : l’histoire de l’Afrique vue par les africains.